Après avoir passé au crible le Scénic dCi 110 EDC7 et son grand frère le Grand Scénic dCi 160, on pensait avoir fait le tour du propriétaire. Mais Renault a gardé une cartouche pour cette année 2018 : l’Hybrid Assist. Premier pas timide mais concret vers l’électrification, cette version promet d’optimiser le bien connu 1.5 dCi 110 ch grâce à une architecture 48V. Mais attention, ne vous attendez pas à croiser le fer avec une Toyota Prius : ici, on ne roule jamais en mode « zéro émission ».
Le concept est simple : un petit moteur électrique de 10 kW (environ 13 ch) vient épauler le bloc thermique via une courroie. Ce n’est pas un moteur de traction, mais une béquille énergétique. À l’usage, la différence est subtile mais se niche là où le dCi 110 classique pêchait parfois : les bas régimes. En ville, lors des relances sous les 1 500 tr/min, l’apport de 15 Nm de couple électrique lisse la réponse moteur. Le Scénic gagne en rondeur et en onctuosité, évitant ces petits creux caractéristiques des diesels de faible cylindrée lorsqu’on évolue sur le deuxième ou troisième rapport dans la circulation dense.
L’autre révélation vient du système Stop & Start. Oubliez les vibrations désagréables au redémarrage des dCi classiques. Grâce à l’alterno-démarreur renforcé, le moteur s’ébroue dans un silence et une rapidité déconcertants, même avant l’arrêt complet du véhicule (dès 7 km/h). C’est un confort de conduite indéniable pour un monospace à vocation familiale. Côté consommation, le bénéfice est réel mais modeste : comptez un gain de 0,3 à 0,5 l/100 km en cycle mixte. Sur nos parcours urbains, la baisse est plus flagrante, mais le surcoût de 1 000 € à l’achat reste difficile à amortir pour un particulier roulant moins de 20 000 km par an.
Le vrai bémol reste l’absence de choix de transmission. Alors que l’EDC7 nous avait convaincus par sa douceur, cet Hybrid Assist impose la boîte manuelle à 6 rapports. C’est dommage, car l’assistance électrique aurait fait un mariage de raison parfait avec une boîte auto pour maximiser l’agrément en ville. Au final, cette version est une proposition « douce » et technologique, qui ne révolutionne pas le genre mais qui peaufine les prestations d’un Scénic IV toujours aussi séduisant par son look, malgré une modularité désormais plus conventionnelle que par le passé.
Quel Scénic choisir au catalogue 2018 ?
Après avoir trituré la gamme sous toutes ses coutures, le choix devient plus clair, mais dépendra surtout de votre « pied gauche ». Si vous privilégiez le confort absolu en milieu urbain, notre précédent essai du Scénic dCi 110 EDC7 reste la référence. Malgré l’absence de coup de pouce électrique, la boîte à double embrayage apporte une sérénité que l’Hybrid Assist ne peut compenser, la faute à sa boîte manuelle imposée.
En revanche, cet Hybrid Assist est le choix du puriste pragmatique. Il transforme le dCi 110 en un moteur bien plus civilisé et « rond », gommant les défauts de jeunesse du bloc thermique tout en affichant une sobriété de chameau. C’est la version idéale pour ceux qui font beaucoup de péri-urbain et qui ne sont pas encore prêts à franchir le pas de l’automatisme.
Enfin, pour les familles nombreuses qui voyagent chargé, le Grand Scénic dCi 160 garde logiquement notre préférence pour son allonge et sa réserve de puissance, indispensables lors des départs en vacances. Mais pour le quotidien, cette petite dose d’électricité est une mise à jour qui fait du bien à la gamme Renault.