En cette rentrée de septembre 2018, alors que le cycle d’homologation WLTP commence à faire trembler les catalogues des constructeurs européens, Suzuki semble avancer avec une sérénité déconcertante. Sa botte secrète ? Une philosophie que beaucoup ont oubliée : la chasse aux kilos superflus. Nous avons repris le volant de la version qui incarne le mieux cet équilibre, le petit bloc trois cylindres 1.0 Boosterjet associé à la micro-hybridation SHVS et à la finition haut de gamme Pack.
Une présentation qui joue sur l’héritage et la modernité
Visuellement, la Swift cru 2017 réussit l’exploit de paraître plus compacte tout en étant plus imposante sur la route. Ses proportions ont évolué de manière subtile mais marquante : elle a perdu un centimètre en longueur mais a gagné quatre centimètres en largeur. Ce changement de posture lui confère une assise visuelle bien plus solide, presque sportive. La proue abandonne les optiques verticales des générations précédentes pour des feux plus horizontaux et acérés, encadrant une calandre hexagonale qui descend très bas vers le bitume. La ligne de toit, dont les montants noirs créent cet effet de « pavillon flottant » si caractéristique, se termine par des poignées de portes arrière astucieusement intégrées dans le montant C. C’est propre, moderne et cela permet de conserver cet ADN de petite boule d’énergie qui a fait le succès de la lignée depuis 2005. Mais le plus impressionnant reste ce que l’on ne voit pas : la plateforme Heartect, ultra-rigide, permet à l’ensemble de rester sous la barre psychologique des 950 kg, un exploit quand une Renault Clio 4 affiche souvent 200 kg de plus sur la balance.
À bord : Le pragmatisme japonais face à la technologie
En s’installant dans l’habitacle, on comprend rapidement où les économies de poids et de coûts ont été réalisées. Ici, point de plastiques moussés ou de revêtements flatteurs au toucher. L’ambiance est dominée par des matériaux rigides, noirs et gris, dont la durabilité ne semble faire aucun doute mais dont l’aspect visuel pourra décevoir les habitués d’une Volkswagen Polo. Cependant, Suzuki compense cette austérité par une ergonomie sans faille et un équipement d’une générosité rare. Le volant à méplat gainé de cuir tombe parfaitement sous la main et les deux larges fûts du tableau de bord, cerclés de chrome, rappellent l’univers de la moto, cher à la marque.
Le système d’infodivertissement, bien que doté d’une interface graphique un peu datée, s’avère d’une réactivité surprenante et propose de série une compatibilité complète avec Apple CarPlay et Android Auto. En finition Pack, la Swift ne refuse rien à ses occupants : navigation GPS, sièges chauffants, climatisation automatique et un arsenal d’aides à la conduite inédit à ce niveau de prix, incluant un régulateur de vitesse adaptatif et un freinage d’urgence autonome. L’habitabilité est l’autre bonne surprise. Malgré ses 3,84 mètres de long, soit une bonne quinzaine de centimètres de moins qu’une citadine standard, la Swift offre un espace aux jambes à l’arrière tout à fait décent pour des adultes. Le coffre, autrefois point noir du modèle, passe à 265 litres. Ce n’est pas encore un record, mais cela suffit largement pour les courses hebdomadaires ou un week-end en duo.
Au volant : Un tempérament de feu sous perfusion électrique
C’est sur la route que la Swift 1.0 Boosterjet justifie chaque centime investi. Le petit trois cylindres turbo est un moteur plein de caractère. Très souple en ville, il se réveille avec une sonorité rageuse mais jamais envahissante dès que l’on sollicite la pédale de droite. Il est ici secondé par le système SHVS, une micro-hybridation de 12 volts qui utilise un alterno-démarreur pour épauler le moteur thermique lors des relances. Ce n’est pas une hybridation qui permet de rouler en mode tout électrique, mais elle apporte un lissage du couple très appréciable et une réactivité immédiate à bas régime.
Le rapport poids/puissance favorable transforme chaque trajet en moment de plaisir. La Swift est vive, incisive, et semble pivoter autour de son conducteur. La boîte manuelle à cinq rapports, bien étagée et précise dans ses verrouillages, participe à cet agrément. En ville, son rayon de braquage exceptionnel en fait une reine des créneaux. Sur les routes secondaires, le châssis se montre très équilibré, même si la suspension arrière peut se révéler un peu sèche sur les grosses compressions. Le seul véritable bémol vient de l’insonorisation. Sur autoroute, les bruits de roulement et les sifflements aérodynamiques rappellent que la légèreté a parfois un prix acoustique. On finit par augmenter le volume de l’autoradio pour couvrir ces désagréments, ce qui est dommage car le moteur, lui, se fait oublier à vitesse stabilisée.
Budget : Le calcul gagnant pour l’automobiliste
À moins de 19 000€ dans cette version Pack suréquipée, la Swift n’a quasiment aucune rivale directe si l’on compare la dotation de série. Mais là où elle assomme la concurrence, c’est au passage à la pompe. Durant notre essai, nous avons relevé une consommation moyenne de 5,1 l/100 km, un chiffre que même certains diesels de puissance équivalente peinent à atteindre en conditions réelles. L’absence de malus écologique en 2018 et des coûts d’entretien traditionnellement bas chez Suzuki finissent de convaincre le gestionnaire qui sommeille en chaque acheteur. C’est une voiture qui ne coûte pas cher à l’achat, mais qui coûte encore moins à l’usage.
