Dans un paysage automobile qui ne jure plus que par le turbo et les écrans géants, Suzuki persiste et signe avec sa Swift Sport. Petite, légère et dotée d’un moteur qui aime les hauts régimes, elle est la digne héritière des GTI des années 80. Avec son léger restylage de 2014 et l’arrivée d’une carrosserie 5 portes, elle entend bien prouver que le plaisir n’est pas qu’une affaire de célibataires. Sacrilège pour les puristes ou coup de génie ? Nous avons repris le volant de la « SSS ».
Présentation : Le diable est dans les détails
Pour ce nouveau cru, Suzuki n’a pas voulu casser une ligne qui plaît toujours autant. Le restylage est donc chirurgical : on note l’apparition de feux de jour à LED en forme de griffes autour des antibrouillards et un nouveau rappel de clignotant dans les rétroviseurs.
Mais la vraie révolution, c’est l’apparition de ces deux portes supplémentaires. Contrairement à certaines concurrentes qui perdent leur équilibre visuel en s’allongeant, la Swift Sport conserve ses proportions de jouet (3,89 m). Elle garde ses deux imposantes sorties d’échappement et son diffuseur, mais elle devient soudainement beaucoup plus fréquentable pour une petite famille. C’est une voiture bien posée sur ses jantes de 17 pouces, qui suggère la performance avec une élégance discrète.
À bord : Toujours simple, plus pratique
L’ambiance intérieure reste fidèle à l’esprit « Sport » avec des sièges baquets qui offrent un maintien parfait et des surpiqûres rouges omniprésentes. La grande nouveauté c’est l’amélioration de l’équipement de série. L’ergonomie reste d’une simplicité biblique : des boutons physiques, une instrumentation à aiguilles lisible, et une position de conduite idéale.
L’accès aux places arrière est désormais une formalité grâce aux portes arrière, transformant cette citadine énervée en une vraie polyvalente. Certes, les plastiques restent durs, mais l’assemblage est robuste. Le point noir reste identique : le coffre. Avec seulement 211 litres, il faudra toujours apprendre à voyager léger, même si la modularité permet de se dépanner une fois la banquette rabattue.
Au volant : Le dernier des mohicans
Le moteur est le clou du spectacle. Ce 1.6 VVT atmosphérique de 136 ch est un moteur de « caractère ». Sous les 4 000 tr/min, la Swift est une citadine docile et sobre. Mais une fois passé ce cap, elle change de visage et grimpe avec une hargne communicative jusqu’à 7 000 tr/min.
C’est une conduite « à l’ancienne » : pour doubler ou s’extraire d’une épingle, il faut jouer de la boîte 6 rapports, dont le guidage est d’une précision remarquable. Avec un poids plume de 1 060 kg, la SSS est une machine à sourires. Elle vire à plat, son train avant est incisif et l’agilité globale fait oublier des puissances bien supérieures. Malgré son tempérament, elle sait rester vivable sur autoroute grâce à un sixième rapport qui calme le jeu et le niveau sonore.
Budget : Une inflation maîtrisée
La Suzuki Swift Sport 5 portes s’affiche à un tarif toujours imbattable de 18 080 €. À ce prix, tout est compris : climatisation automatique, régulateur de vitesse, accès mains libres, et projecteurs bi-xénon.
Face à elle, les concurrentes turbo (Peugeot 208 GTi, Renault Clio 4 RS) sont beaucoup plus performantes, mais aussi beaucoup plus chères. Le revers de la médaille en 2015, c’est le durcissement du bonus/malus écologique : avec 147 g/km, le malus grimpe à 900 €. Une somme à prendre en compte, mais qui n’entache en rien le rapport prix/plaisir exceptionnel de la Japonaise.



























