Alfa Romeo a clôturé l’exercice 2025 avec le sourire, du moins sur le plan comptable. La marque italienne du groupe Stellantis affiche une progression mondiale de 20,1 %, franchissant la barre des 73 000 immatriculations. Si ce dynamisme témoigne d’un regain d’intérêt pour le constructeur milanais, l’analyse détaillée des chiffres révèle une réalité plus nuancée : celle d’une marque en pleine reconstruction, sauvée par un nouveau modèle mais encore fragile face aux ténors du premium.
L’Europe comme moteur, le Junior comme carburant

C’est sur le Vieux Continent qu’Alfa Romeo a puisé l’essentiel de sa force en 2025. Avec une croissance de 33,3 % en Europe, la marque surperforme un marché globalement atone. Les records tombent dans plusieurs pays clés :
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France : +42 % (poussée par une forte demande sur le canal des particuliers).
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Royaume-Uni : +80 % (meilleure progression du segment premium).
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Italie : +35 % (où elle gagne 0,4 point de part de marché).
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Pays-Bas : +200 %.
Cette envolée porte un nom : Junior. Le nouveau SUV compact (anciennement Milano) a déjà enregistré plus de 60 000 commandes dans 41 pays. Il devient instantanément le best-seller de la marque, attirant une clientèle plus jeune et urbaine. À noter que la version 100 % électrique représente environ 17 % des demandes, un chiffre encourageant mais qui montre que le thermique (hybride) reste le premier choix des Alfistes.
Analyse : Un géant aux pieds d’argile ?

Malgré ces pourcentages flatteurs, une lecture « pro » impose de regarder les volumes absolus. Avec 73 000 ventes, Alfa Romeo reste un « petit » poucet du luxe. À titre de comparaison, des marques comme Cupra ou Lexus évoluent désormais dans des sphères bien supérieures, et les constructeurs allemands (Audi, BMW, Mercedes) se comptent en millions d’unités.
La marque souffre d’une dépendance extrême à son nouveau modèle. Si le Tonale maintient des volumes corrects, les historiques Giulia et Stelvio voient leurs ventes s’éroder en attendant leur renouvellement prévu pour 2026 et 2027. De plus, le marché nord-américain reste un point noir avec une chute des ventes de près de 36 %, le Junior n’y étant pas commercialisé.
Une transition « douce » dans un groupe sous tension

Ces résultats arrivent alors que Stellantis traverse une période de turbulences financières. Dans ce contexte, Alfa Romeo joue le rôle du bon élève en prouvant qu’une montée en gamme (pricing power) peut compenser des volumes encore modestes. La marque entame sa transition électrique avec prudence, préférant une « transition douce » via l’hybridation pour ne pas brusquer sa base de clients fidèles.
Le symbole de cette résilience reste la 33 Stradale : avec 5 exemplaires déjà livrés sur les 33 prévus, elle sert de vitrine technologique et émotionnelle, rappelant que l’ADN d’Alfa Romeo ne se mesure pas seulement en parts de marché, mais en passion.







