Quand on évoque la marque Subaru, les premières images qui viennent à l’esprit font directement référence aux spéciales de rallye, au rugissement si caractéristique des moteurs Boxer ou encore à la légendaire transmission intégrale symétrique. Mais le monde automobile évolue à grande vitesse et la transition vers l’électrique impose sa propre réalité. Alors, comment le constructeur nippon parvient-il à préserver son âme d’aventurier à l’ère des batteries et des électrons ? C’est tout l’enjeu de cet essai du Subaru Solterra dans sa version restylée.
Pour cet essai exclusif, notre exemplaire de démonstration se dote d’une touche particulièrement pimentée avec le pack ST-E. Une préparation esthétique qui vient réveiller les lignes du SUV nippon tout en rendant hommage au glorieux passé sportif de la firme. Entre sa fiche technique largement remaniée et son look survitaminé, voyons ce que propose réellement ce Subaru Solterra version 2026.
Notre essai complet en vidéo
Présentation : une mise à jour technique et un look ST-E percutant
Pour appréhender ce Subaru Solterra restylé, il convient d’abord d’examiner ce qui se cache sous la tôle. Le véhicule repose toujours sur la plateforme mondiale e-TNGA (baptisée e-Subaru chez la marque), développée en partenariat avec Toyota. Toutefois, contrairement à son cousin nippon bZ4X qui multiplie les configurations, Subaru fait le choix stratégique en France de ne commercialiser que la déclinaison la plus évoluée. La fiche technique franchit un cap spectaculaire puisque la puissance cumulée bondit de 58 % pour culminer désormais à 342 ch (252 kW). La cavalerie est distribuée sur les deux essieux grâce à un moteur avant de 167 kW (227 ch) et un bloc arrière de 88 kW (120 ch). Cette cavalerie permet au SUV d’expédier le 0 à 100 km/h en seulement 5,1 secondes.
Sur le plan visuel, ce restylage apporte un vrai vent de fraîcheur. La proue abandonne le masque noir au profit d’une face avant entièrement redessinée avec une calandre pleine, un emblème aux six étoiles désormais plat et des projecteurs à LED affichant une signature lumineuse retravaillée. Le bouclier gagne en modernité tout en conservant son allure robuste.
Mais l’attraction principale de notre modèle d’essai réside dans la présence du pack ST-E. Ce kit carrosserie spécifique transforme littéralement la posture du Solterra. Tous les éléments en plastique noir brut, à savoir les imposants passages de roues, les bas de caisse et la partie inférieure du bouclier arrière, reçoivent une peinture intégrale sur-mesure de la couleur de la carrosserie. L’ensemble est relevé par des jantes accessoires dorées de 20 pouces qui rappellent la grande époque de la WRC, ainsi que par des adhésifs spécifiques ST-E apposés sur la carrosserie.
À l’ouverture de la trappe de recharge, un détail attire l’attention : la présence d’un sticker mentionnant une numérotation sur 30. À l’origine de ce projet, Subaru France envisageait de réserver le pack ST-E à seulement 30 unités sur le territoire. Mais la marque a pris la décision de supprimer cette restriction pour l’instant. Il est donc désormais possible de commander ce kit sans contrainte de volume. Force est de constater que dans la rue, le contrat est parfaitement rempli : lors de notre essai, les passants intrigués se sont souvent arrêtés pour faire le tour du véhicule et scruter le blason. Le style attire l’œil et le charme opère instantanément.
À bord : de l’espace, un manque de personnalité et quelques matériaux décevants
Si le pack ST-E apporte une véritable dose d’exclusivité et de caractère à la carrosserie, le constat se montre plus mitigé lorsqu’on s’installe à bord. L’habitacle souffre d’un net manque d’audace et de personnalité : aucune touche spécifique, surpiqûre exclusive ni badge intérieur ne viennent rappeler l’esprit ou l’hommage aux versions ST à l’intérieur. On se retrouve en réalité face au même environnement que celui du Toyota bZ4X ou du Toyota C-HR+. Une présentation partagée qui privilégie la sensation d’espace au détriment d’une identité propre à Subaru.
La planche de bord adopte une architecture à double étage misant sur plusieurs types de revêtements. Si l’ensemble reste agréable au regard, l’œil avisé tique rapidement sur certains matériaux peu flatteurs. Le support de la console centrale flottante utilise un plastique basique qui manque de rigidité et à tendance à bouger sous la pression. Même constat pour le couvercle d’accoudoir central à double ouverture : le plastique qui l’entoure s’avère de facture médiocre et la structure se montre un peu mobile. Enfin, retrouver des loquets de verrouillage manuels à côté des poignées de portes intérieures surprend sur un véhicule moderne de 2026.
Pour relever l’ambiance intérieure, notre modèle d’essai disposait d’un superbe volant gainé d’Alcantara agrémenté de surpiqûres bleues. Il offre une prise en main extrêmement valorisante au quotidien. Mais attention : cet équipement ne fait pas partie du pack ST-E. Il s’agit d’une option d’après-vente proposée par le département L’Atelier Subaru, facturée près de 1 900 €. Il est regrettable que le pack extérieur n’inclue pas d’office un tel élément pour rehausser le cachet de la cabine. La forme générale du volant adopte le nouveau dessin à double méplat du restylage, une géométrie qui s’apprivoise très naturellement en conduite.
Sur le plan pratique et fonctionnel, le Solterra s’avère irréprochable au quotidien. L’accès aux commandes est fluide et intuitif. On apprécie la conservation de nombreuses touches physiques sur la console centrale, notamment autour du sélecteur rotatif de boîte de vitesses. Il permet de manipuler facilement le système d’affichage par caméras, le frein de parking, la fonction Auto Hold, le sélecteur de modes de conduite ou la désactivation de l’ESP.
L’équipement de série de cette version 4Xpérience Plus se montre particulièrement généreux. La sellerie en cuir bicolore intègre des sièges chauffants, ventilés et réglables électriquement à l’avant. La console embarque deux emplacements de recharge par induction pour smartphones, un rétroviseur intérieur numérique à double affichage vidéo, ainsi qu’un grand toit vitré panoramique occultable par un store électrique.
Le système d’infodivertissement s’articule autour d’un écran central de 14 pouces. Le combiné d’instrumentation haute de 7 pouces propose un affichage épuré, très lisible, évitant le surplus d’informations. L’écran principal se montre très réactif, mais on déplore le dessin vieillot de la cartographie intégrée ainsi qu’un détail agaçant lors de l’utilisation d’Apple CarPlay ou Android Auto. Pour quitter la réplication de smartphone et accéder à certaines fonctions internes du véhicule (comme le préconditionnement de la batterie), il n’existe pas de bouton de retour direct. Il faut obligatoirement retourner dans la grille d’applications du téléphone pour relancer l’application Subaru dédiée.
En matière de rangement, le véhicule fait le choix radical d’éradiquer la boîte à gants classique du tableau de bord. Si cet aménagement profite à l’espace pour les jambes du passager avant, cela s’avère peu pratique au quotidien pour ranger les papiers du véhicule, qui doivent prendre place dans le rangement ouvert situé sous la console. Les bacs de portes s’avèrent étroits pour loger de grandes bouteilles et les rangements centraux se réduisent à deux porte-gobelets ainsi qu’à l’espace sous l’accoudoir.
Aux places arrière, le Solterra brille en revanche par son habitabilité royale. L’ouverture des portes est large et l’installation de sièges enfant ISOFIX s’effectue sans aucune contrainte. Les passagers profitent d’une excellente garde au toit, d’une banquette très confortable équipée d’un accoudoir et d’un vaste dégagement pour les jambes et les pieds. La dotation arrière intègre des aérateurs, deux prises USB-C de recharge ainsi que des sièges chauffants. Les vitres latérales descendent de surcroît intégralement dans les portières.
Le coffre affiche un volume allant de 410 à 441 litres, un chiffre modeste pour la catégorie mais compensé par un seuil de chargement bas et une belle largeur d’accès. Le double fond dissimule un rangement pratique pour le câble de recharge et le cache-bagages enroulable. La modularité repose sur un classique dossier rabattable 1/3-2/3 dégageant un plancher plat. On regrette l’absence de petits espaces supplémentaires, de prise 12V ou de compartiment moteur aménagé à l’avant (frunk).
Au volant : un confort remarquable et 342 ch bien gérés
Une fois le bouton de démarrage enfoncé, la prise en main du Subaru Solterra confirme immédiatement les progrès apportés par la marque lors du restylage. La première satisfaction provient de l’insonorisation. Le travail réalisé par les ingénieurs sur le vitrage acoustique, les isolants de carrosserie et l’isolation des passages de roues isole parfaitement la cabine. La filtration des bruits d’air et de roulement est excellente, y compris sur chaussée dégradée ou à haute vitesse sur autoroute.
En ville, le grand SUV évolue avec une grande douceur. Les moteurs électriques se font oublier et l’amortissement filtre les imperfections avec brio. Malgré les jantes de 20 pouces qui équipent la version 4Xpérience Plus, le niveau de confort procuré par la suspension et l’ergonomie des sièges permet d’enchaîner de longues distances sans subir la moindre fatigue.
Lorsque le rythme s’accélère, la cavalerie de 342 ch se fait immédiatement sentir. Les accélérations sont franches et les reprises particulièrement vigoureuses lors des dépassements sur le réseau secondaire. La poussée linéaire permet d’arracher les 2 045 kg du SUV sans la moindre difficulté. La direction assistée offre un calibrage consistant appréciable pour maintenir une trajectoire précise. Seul le diamètre de braquage élevé (11,2 m entre trottoirs soit 5,6 m de rayon) nécessite de multiplier les manœuvres lors des demi-tours en espace restreint.
Pour la gestion de la décélération, des palettes logées derrière le volant permettent d’ajuster le freinage régénératif sur cinq niveaux. Le mode le plus puissant décélère très fort à la levée de pied, amenant l’automobile sur un filet de rampage sans qu’il soit nécessaire de toucher à la pédale de frein. Le dosage de la pédale de frein physique demande une légère accoutumance pour éviter les petits coups de raquette avant l’arrêt complet, mais le ressenti demeure satisfaisant.
La véritable valeur ajoutée du Solterra repose sur sa transmission intégrale AWD prédictive. Le système analyse en continu l’enfoncement de la pédale, le braquage du volant et la vitesse de rotation de chaque roue pour répartir instantanément le couple entre l’avant et l’arrière. Le SUV s’agrippe à l’asphalte avec une rigueur irréprochable, annihilant les pertes de motricité même lors d’inscriptions franches en courbe.
Sur les parcours hors d’asphalte, le Solterra s’appuie sur une garde au sol de 210 mm et le système X-Mode. Ce dispositif propose plusieurs profils (Neige/Terre et Boue/Profondeur) combinés à un régulateur de vitesse en descente. Si les angles d’attaque limitent les velléités de franchissement pur et dur, l’électronique gère l’adhérence de manière spectaculaire sur les sols glissants ou gras.
Sur le plan de l’efficience, la batterie d’une capacité utile de 69,1 kWh (73,1 kWh brut) montre rapidement ses limites dès que l’on quitte les zones urbaines. Si la présence de la pompe à chaleur et du préconditionnement thermique aide à stabiliser les consommations, le bilan sur voie rapide et autoroute impose de la rigueur dans la planification :
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En ville : Avec une moyenne de 14,5 kWh/100 km, l’autonomie théorique atteint 429 km (et environ 286 km en usage 20-80 %).
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Sur voie rapide (110 km/h) : Pour une consommation de 18,0 kWh/100 km, le rayon d’action tombe à 346 km (soit 230 km utiles).
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Sur autoroute (130 km/h) : La consommation grimpe à 23,0 kWh/100 km, plafonnant l’autonomie totale à 270 km. En pratique, sur la plage 15-80 %, il faut compter seulement 195 km d’autonomie réelle, contraignant à des arrêts très fréquents sur les longs parcours.
Côté recharge, le bilan est tout aussi mitigé pour une nouveauté commercialisée en 2026. On salue l’effort d’intégrer un chargeur AC de 22 kW de série, très utile sur les bornes publiques en ville, mais la recharge rapide DC stagne à 150 kW maximum. Même si le préconditionnement permet de maintenir une courbe stable et de boucler le 15 à 80 % en 26 minutes, cette puissance maximale reste décevante pour un SUV familial de ce tarif face à une concurrence qui charge désormais bien plus vite.
Budget : des prestations haut de gamme à tarif contenu face à la concurrence
Le positionnement tarifaire du Subaru Solterra s’avère lisible sur le marché français, la gamme s’articulant autour de deux finitions suréquipées sans catalogue d’options à rallonge :
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Subaru Solterra 4Xpérience : 48 990 €
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Subaru Solterra 4Xpérience Plus : 52 990 €
Notre modèle d’essai, configuré en 4Xpérience Plus, embarque la totalité des équipements technologiques et de confort disponibles : la sellerie en cuir intégrale, le système audio haut de gamme Harman Kardon à 11 haut-parleurs, le grand toit panoramique, les jantes alliage de 20 pouces ou encore le régulateur adaptatif intelligent.
L’ajout du pack ST-E représente un investissement additionnel de 3 990 € sur la version 4Xpérience Plus (ou 3 490 € sur la finition 4Xpérience). En y ajoutant le volant en Alcantara issu du catalogue d’accessoires L’Atelier Subaru (estimé à moins de 2 000€), la facture totale de notre exemplaire d’essai s’élève à environ 58 800 €.
Bien que cette somme s’avère conséquente, la concurrence directe équipée d’une transmission intégrale et affichant plus de 300 ch se montre souvent plus onéreuse. À titre de comparaison, un Hyundai Ioniq 5 AWD ou un Kia EV6 AWD dépassent fréquemment la barre des 55 000 € à dotation équivalente. De plus, Subaru applique en France une garantie pouvant atteindre 10 ans ou 200 000 km, conditionnée par la réalisation de l’entretien annuel au sein du réseau officiel de la marque.

















