Le segment des SUV compacts est devenu une véritable fosse aux lions. Entre un Peugeot 3008 qui rafle tout sur son passage et un Volkswagen Tiguan qui impose sa rigueur germanique, les constructeurs historiques doivent redoubler d’ingéniosité pour exister. Pour Ford, la réponse est double : un restylage profond de son Kuga fin 2016 et le déploiement de son label luxueux, Vignale. L’idée ? Offrir une expérience « Premium » à ceux qui ne veulent pas forcément franchir le pas vers les marques allemandes traditionnelles. Nous avons pris le volant de ce vaisseau amiral, équipé du petit moteur Diesel 1.5 TDCi de 120 ch associé à la boîte automatique Powershift. Un mariage de raison ou un manque d’ambition ?
Présentation : Le « Baby Edge » prend du galon
Visuellement, le passage à la « Phase 2 » a transfiguré le Kuga. Adieu la face avant un peu frêle et les optiques effilées ; le SUV adopte désormais une large calandre hexagonale qui n’est pas sans rappeler celle de son grand frère américain, le Ford Edge. C’est massif, statutaire et particulièrement réussi.
Sur notre finition Vignale, le Kuga soigne ses apparats. La calandre arbore un motif spécifique en nid d’abeille, les chromes se multiplient autour des vitres et des antibrouillards, et la peinture métallisée exclusive offre des reflets profonds. Posé sur des jantes de 18 pouces au dessin élégant, le Kuga Vignale impose une certaine prestance sur la route. On ne conduit plus « juste » un Ford Kuga, on conduit l’expression la plus aboutie du savoir-faire de la marque à l’ovale.
À bord : Cuir matelassé et révolution numérique
C’est en ouvrant la porte que l’on comprend tout le sens du label Vignale. La planche de bord, les contre-portes et, surtout, les sièges sont recouverts d’un cuir Windsor matelassé de toute beauté. L’odeur du cuir, la douceur des matériaux et le confort des assises vous plongent immédiatement dans une ambiance feutrée. Ford a même intégré un système de réduction active du bruit (Active Noise Control) qui capte les fréquences désagréables via des micros pour les annuler par les haut-parleurs. Le silence de fonctionnement est, à ce titre, impressionnant pour la catégorie.
Le restylage a permis de moderniser l’interface avec le passage au SYNC 3. L’écran tactile de 8 pouces remplace avantageusement l’ancien système et sa constellation de petits boutons. C’est désormais fluide, réactif et compatible Apple CarPlay / Android Auto. Toutefois, la planche de bord trahit son âge : si l’écran est moderne, les commandes de climatisation restent placées bas et l’ergonomie générale demeure plus complexe que chez les rivaux plus récents.
Côté habitabilité, le Kuga reste un bon compagnon de voyage. L’espace à l’arrière est généreux pour deux adultes, et le coffre, bien qu’un peu en retrait face au 3008 avec ses 456 litres, reste pratique grâce à son seuil de chargement plat et l’ouverture du hayon mains libres (en passant le pied sous le bouclier). On regrettera toutefois que le dessin de la console centrale reste un peu massif, empiétant sur l’espace aux genoux du conducteur.
Au volant : Le poids, cet éternel ennemi
Sous le capot, Ford a remplacé l’ancien 2.0 TDCi de 120 ch par un plus moderne 1.5 TDCi, affichant la même puissance. Sur le papier, le couple de 300 Nm semble suffisant. En pratique, le Kuga doit composer avec un embonpoint certain : près de 1 600 kg sur la balance.
En ville et sur route plane, le moteur fait preuve de bonne volonté. Il est souple, bien aidé par la boîte à double embrayage Powershift à 6 rapports qui privilégie la douceur aux passages de rapports foudroyants. C’est un SUV qui incite à la conduite sereine, au « cruising ». Le châssis Ford, fidèle à sa réputation, est excellent : la direction est précise et le roulis est très bien maîtrisé pour un engin de cette hauteur.
Cependant, dès que le relief s’accentue ou que l’on charge la famille et les bagages, le petit 1.5 TDCi montre ses limites. Les relances deviennent laborieuses et la boîte Powershift hésite parfois, cherchant le meilleur rapport pour relancer la machine. Pour les gros rouleurs ou ceux habitant en montagne, le passage au 2.0 TDCi de 150 ch semble indispensable. Mais pour un usage quotidien urbain et péri-urbain, ce 120 ch remplit son contrat avec une consommation moyenne observée de 6,4 l/100 km, ce qui reste raisonnable compte tenu du gabarit.
Budget : Un luxe accessible, mais sans bonus
Affiché à 36 900 €, notre Kuga Vignale n’est pas donné pour un moteur de 120 ch. À titre de comparaison, un Peugeot 3008 GT Line BlueHDi 120 tourne dans les mêmes eaux, mais avec une présentation plus moderne et un poids bien inférieur.
Toutefois, l’argument de Ford, c’est l’équipement « All-inclusive ». Pour ce prix, vous avez tout : la sellerie cuir intégrale, le SYNC 3, le stationnement semi-automatique, les feux bi-xénon dynamiques et même le service client dédié Vignale (avec concierge et prise en charge du véhicule à domicile pour l’entretien). Ford est également connu pour ses remises généreuses en concession, ce qui permet souvent de faire tomber la note finale bien en dessous de la concurrence européenne.












