Pour sa sixième génération (Corsa F), la citadine au « Blitz » a vécu une révolution de palais. Finie l’ère General Motors, place à l’architecture PSA. Partageant ses dessous avec la star française, la Peugeot 208, la petite allemande doit pourtant prouver qu’elle n’est pas qu’une lionne déguisée. Pour cet essai estival, nous avons jeté notre dévolu sur la version la plus dynamique de la gamme thermique : le 1.2 Turbo de 130 ch, exclusivement associé à la boîte automatique EAT8 et habillé de la finition GS Line. Une configuration affichée à 22 750 €, qui promet de marier polyvalence et sportivité.
Présentation : Un design tranchant loin de l’excentricité française
Si la Peugeot 208 joue la carte du spectaculaire avec ses griffes lumineuses, l’Opel Corsa préfère une approche plus sobre, plus « germanique » dans l’esprit, tout en étant radicalement plus moderne que sa devancière. Les proportions ont changé : elle est plus basse, plus longue, et dégage une silhouette beaucoup plus élancée. En finition GS Line, notre modèle d’essai ne manque pas d’allure avec sa peinture bicolore, son toit noir contrasté et ses jantes en alliage spécifiques. La face avant, bien que ne bénéficiant pas encore du nouveau visage « Vizor » de la marque, reste expressive avec des optiques acérées. À l’arrière, le becquet de toit et la double sortie d’échappement chromée (la vraie !) confirment les intentions dynamiques de cette version. Sous cette robe réussie se cache la plateforme CMP, qui permet à la Corsa de perdre une centaine de kilos sur la balance, un régime salvateur pour l’agilité et la consommation.
À bord : Le choix de la raison et de l’ergonomie
En ouvrant la porte, on pénètre dans un univers bien différent de celui de sa cousine sochalienne. Ici, pas de petit volant ni de compteurs surélevés. Opel a conservé une planche de bord classique, horizontale et orientée vers le conducteur. Si cela manque un peu de fantaisie par rapport au i-Cockpit de Peugeot, l’ergonomie y gagne en simplicité. Un point nous réjouit particulièrement en 2020 : le maintien de commandes physiques pour la climatisation. Pas besoin de naviguer dans trois sous-menus de l’écran tactile pour baisser la température de deux degrés, et c’est un vrai plus pour la sécurité.
La finition GS Line apporte une touche de peps avec des inserts rouges traversant la planche de bord et des sièges sport au maintien latéral renforcé. La qualité des matériaux est correcte, même si les plastiques durs restent majoritaires en partie basse. Côté technologie, notre écran central de 10 pouces (optionnel) est réactif, même si son interface commence à dater un peu. Le tableau de bord numérique de 7 pouces est quant à lui un peu décevant : sa petite taille et ses graphismes minimalistes jurent un peu avec l’aspect moderne de l’extérieur. Enfin, l’habitabilité arrière reste le point faible de cette plateforme CMP : l’accès est étroit et l’espace aux jambes est compté pour de grands adultes. Le coffre, avec ses 309 litres, se situe dans la moyenne basse du segment.
Au volant : Une rigueur toute germanique
C’est sur la route que cette Corsa de 130 ch révèle son vrai caractère. Le moteur 1.2 Turbo (le fameux PureTech français renommé ici) développe 230 Nm de torque, ce qui est très généreux pour une voiture de ce gabarit. Les accélérations sont franches (le 0 à 100 km/h est abattu en 8,7 secondes) et les reprises sont sécurisantes, même sur autoroute. La boîte automatique à 8 rapports, d’origine Aisin, est un modèle de douceur en conduite urbaine et sait se montrer réactive quand le rythme s’accélère.
Le châssis a été spécifiquement réglé par les ingénieurs d’Rüsselsheim. Résultat ? Une direction plus ferme et plus informative que celle de la Peugeot 208, et des suspensions tarées plus dur. La Corsa GS Line vire à plat et offre une agilité réjouissante dans les enchaînements de virages. C’est une voiture saine, vive, mais qui se montre parfois un peu trop percutante sur les raccords de chaussée ou les ralentisseurs en ville. On sent que le compromis a été orienté vers le dynamisme. En revanche, sur les grands axes, l’insonorisation est de bon niveau, permettant d’envisager de longs trajets sans fatigue auditive excessive.
Budget : Un positionnement compétitif
À 22 750€ dans cette configuration haut de gamme de 130 ch, l’Opel Corsa GS Line se place intelligemment. Elle s’affiche quelques centaines d’euros moins cher qu’une Peugeot 208 équivalente à équipement égal, tout en offrant une dotation de série complète : aide au maintien dans la voie, freinage d’urgence automatique, mode sport et phares LED. La consommation reste le gros point fort de cette plateforme légère. Durant notre essai, nous avons relevé une moyenne de 5,8 l/100 km, un score excellent pour une citadine essence de cette puissance équipée d’une boîte automatique. Le malus écologique 2020 reste quant à lui très contenu, voire nul selon les options de jantes choisies, un argument non négligeable à l’heure où les taxes s’alourdissent.












