Depuis 1975, la Polo est le pilier de Volkswagen aux côtés de la Golf. Mais avec cette sixième génération, la frontière entre les deux modèles n’a jamais été aussi mince. Plus longue, plus large et dotée de technologies réservées jusqu’ici aux segments supérieurs, la nouvelle Polo entend bien assommer la concurrence. Nous avons testé la version qui représente le cœur du marché : le petit 3-cylindres TSI de 95 ch couplé à la boîte DSG7, le tout dans une finition Carat très haut de gamme.
Présentation : La maturité au premier regard
Le changement de plateforme (la fameuse MQB-A0) a permis à la Polo de franchir le cap symbolique des 4 mètres de long (4,05 m pour être précis). Visuellement, on reste dans l’ADN Volkswagen : c’est sobre, sérieux et intemporel. Les lignes sont plus horizontales, plus marquées, notamment avec ce double trait sur les flancs qui lui donne une allure plus musclée.
En finition Carat, elle soigne les détails : projecteurs Full LED à la signature lumineuse travaillée, jantes en alliage de 16 pouces et quelques touches de chrome bien placées. Elle ne cherche pas l’originalité à tout prix, mais elle dégage une impression de qualité et de robustesse que ses rivales françaises peinent encore à égaler. C’est une voiture qui rassure et qui semble appartenir à la catégorie supérieure.
À bord : Bienvenue dans le monde digital
En montant à bord, le choc est technologique. La Polo est la première citadine du groupe à recevoir l’Active Info Display, un combiné d’instrumentation entièrement numérique de deuxième génération, d’une lisibilité exemplaire. La planche de bord, très horizontale, intègre parfaitement l’écran tactile de 8 pouces, dont la réactivité est aujourd’hui encore une référence.
Si la présentation est flatteuse, notamment avec le bandeau de planche de bord personnalisable, on note tout de même l’apparition de quelques plastiques durs sur les contre-portes, un petit pas en arrière par rapport à la Polo 5. Mais ce qu’on perd en moussage, on le gagne en espace. L’habitabilité arrière progresse nettement, et le coffre fait un bond spectaculaire pour atteindre 351 litres. C’est mieux que bien des compactes d’il y a dix ans ! C’est désormais une voiture capable d’emmener une petite famille en vacances sans trop de sacrifices.
Au volant : Le sens de l’équilibre
Sous le capot, le petit 1.0 TSI de 95 ch fait preuve d’une belle vaillance. Malgré l’absence d’un quatrième cylindre, les vibrations sont parfaitement maîtrisées et la sonorité typique reste discrète. Avec 175 Nm de couple, il offre des relances suffisantes pour quitter la ville sereinement. Il est ici associé à la boîte à double embrayage DSG7. Si cette dernière brille par sa douceur en conduite normale, on regrette toujours sa gestion qui privilégie un peu trop les bas régimes pour abaisser le CO2, obligeant parfois à « forcer » le rétrogradage pour obtenir de la puissance.
Le comportement routier est impérial de stabilité. La Polo est sereine, prévisible et très bien insonorisée. Elle a perdu le côté un peu sautillant de l’ancienne génération pour offrir un confort de marche proche de celui de la Golf. La direction est légère et précise, idéale en ville, même si elle manque un peu de remontée d’informations pour les conducteurs les plus dynamiques. Sur autoroute, elle étonne par sa prestance : on n’a jamais l’impression d’être dans une « petite » voiture. Côté consommation, nous avons relevé une moyenne de 6,1 l/100 km en usage mixte.
Budget : Le prix de l’excellence
C’est là que le bât blesse. Volkswagen ne brade pas ses services. Notre modèle d’essai en finition Carat frise les 22 000 €. À ce tarif, l’équipement est pléthorique (navigation, accès mains libres, régulateur adaptatif, sièges chauffants), mais la concurrence est rude. Une Renault Clio 4, bien qu’en fin de vie, ou une Ford Fiesta proposent des tarifs plus agressifs. Cependant, la Polo mise sur sa valeur de revente légendaire et un malus écologique inexistant pour séduire les acheteurs rationnels.



























