Dans un marché de la micro-citadine qui tourne parfois en rond, Suzuki a jeté un pavé dans la mare avec l’Ignis. Ni tout à fait une citadine, ni vraiment un SUV, cet engin inclassable joue la carte de la nostalgie et de la modernité avec un culot monstre. Nous avons pris le volant de ce « pot de yaourt » survitaminé en finition Pack, paré d’un look « Ourdoor » qui ne passe pas inaperçu. Un futur collector ?
Présentation : Un look qui divise, et c’est tant mieux !
L’Ignis, c’est d’abord une silhouette. Haute sur pattes (1,60 m), courte (3,70 m) et dotée d’un regard perçant avec ses optiques LED en « U », elle ne ressemble à rien d’autre. Les designers se sont même amusés à placer trois rainures sur le montant arrière, clin d’œil à la célèbre Suzuki Fronte Coupé des années 70.
Notre modèle d’essai bénéficie du Pack Baroudeur, ajoutant des sabots de protection façon aluminium à l’avant et à l’arrière. Avec ses extensions d’ailes et ses jantes noires de 16 pouces, l’Ignis ressemble à un jouet grandeur nature prêt à en découdre avec la jungle urbaine. C’est frais, c’est décalé, et cela fait un bien fou dans la grisaille automobile.
À bord : Le génie de la modularité
En ouvrant la porte, on découvre un habitacle à l’image de l’extérieur : joyeux et bicolore. Si les plastiques sont exclusivement durs, les assemblages sont sérieux et l’ergonomie est simplifiée au maximum. Mais le vrai point fort de l’Ignis réside dans son habitabilité. Grâce à sa banquette arrière coulissante sur 16 cm (en deux parties), on peut choisir entre un espace aux jambes digne d’une limousine ou un volume de coffre très correct pour le gabarit (jusqu’à 340 litres).
En finition Pack, l’équipement est pléthorique pour le segment : navigation, caméra de recul, accès mains libres et même des sièges chauffants, un luxe rare sur une citadine de cette taille.
Au volant : La légèreté comme arme absolue
Sous le capot, on retrouve le 1.2 Dualjet de 90 ch. Contrairement à la version hybride (SHVS), ce bloc mise sur une simplicité mécanique totale. Mais avec un poids plume de 810 kg, pas besoin d’artifices pour être vif. L’Ignis est une puce bondissante : elle braque dans un mouchoir de poche (9,4 m entre trottoirs) et s’extrait du trafic avec une agilité déroutante.
Sur route, le moteur atmosphérique est volontaire, bien que sa sonorité soit un peu présente lors des relances. Le comportement est sain, mais il faut composer avec une certaine prise de roulis en virage et une sensibilité aux vents latéraux sur autoroute en raison de sa hauteur. Revers de la médaille de cette légèreté : l’amortissement se montre ferme, rendant les passages sur les ralentisseurs un peu secs. Cependant, avec une consommation réelle qui descend facilement sous les 5 l/100 km, on lui pardonne volontiers ses quelques sautillements.
Budget : Le luxe accessible
Notre Suzuki Ignis 1.2 Dualjet 90 en finition haut de gamme Pack s’affichait au tarif particulièrement compétitif de 15 740 €. Pour bénéficier du look baroudeur de notre modèle d’essai, il fallait ajouter le Pack Baroudeur (comprenant les sabots avant/arrière et les protections latérales). À un peu plus de 16 000 €, l’équipement est tout simplement imbattable : navigation GPS, caméra de recul, accès et démarrage sans clé, climatisation automatique et même l’alerte de franchissement de ligne.
Face à elle, une Fiat Panda City Cross est moins moderne, tandis qu’une Renault Twingo, plus urbaine, ne peut rivaliser en termes de modularité et d’aides à la conduite à prix équivalent. Au-delà du prix d’achat, l’Ignis est une alliée du portefeuille : avec seulement 107 g/km de CO2, elle échappe totalement au malus écologique. Ajoutez à cela une garantie de 3 ans (ou 100 000 km) et une consommation réelle qui reste sous les 5 litres, et vous obtenez l’un des coûts d’utilisation les plus bas du marché pour un véhicule aussi polyvalent.



























