En 2012, Renault lançait un engin inclassable : le Twizy. Ni tout à fait une voiture, ni vraiment un scooter, cet « objet roulant non identifié » (ORNI) promettait de révolutionner nos déplacements urbains. Deux ans plus tard, alors que l’automne parisien dépose son voile humide sur la capitale, nous avons repris les commandes de la version 80, la plus puissante avec ses 17 ch. Le Twizy est-il l’arme ultime contre les bouchons ou un simple gadget pour technophiles fortunés ?
Présentation : Une silhouette qui ne vieillit pas
Même après deux ans de présence dans les rues, le Twizy fait toujours l’effet d’un concept-car échappé d’un salon. Avec ses roues aux quatre coins, sa cellule de sécurité apparente et sa compacité record (2,34 m de long pour seulement 1,23 m de large), il attire tous les regards.
Le design minimaliste se rappelle cruellement à nous : notre modèle dispose des portes optionnelles en élytre, avec des vitres (proposées en accessoire). Le Twizy, c’est l’école de la transparence. On l’achète pour sa bouille sympathique et sa capacité à se garer perpendiculairement au trottoir, là où aucune autre voiture ne passe. C’est un pro de la mobilité qui, visuellement, n’a toujours pas de concurrence.
À bord : Le minimalisme poussé à l’extrême
Monter dans un Twizy, c’est un peu s’installer dans un cockpit de planeur. On s’assoit en tandem, le passager se glissant derrière le conducteur, les jambes écartées de part et d’autre du siège avant. L’espace est compté, mais l’impression de liberté est totale. La planche de bord est un modèle de dépouillement : un petit écran numérique pour la vitesse et la charge, deux commodos, et c’est tout.
Côté rangements, c’est la portion congrue. On dispose de deux boîtes à gants sur le tableau de bord (dont une verrouillable) et d’un minuscule coffre de 31 litres caché derrière le dossier du passager. Oubliez les courses de la semaine ou les bagages volumineux : le Twizy impose de voyager léger. L’ergonomie est simple, mais l’absence totale de chauffage en ce mois de novembre parisien nous rappelle que le port d’un manteau sérieux est obligatoire pour survivre à bord.
Au volant : Un kart électrique dans la jungle urbaine
C’est une fois le « moteur » démarré (dans un silence de cathédrale) que le Twizy révèle son vrai visage. Avec ses 17 ch et son couple instantané de 57 Nm, les démarrages au feu rouge sont foudroyants. On s’extrait de la circulation avec une agilité déroutante. Sa vitesse de pointe de 80 km/h lui permet même de s’aventurer sur le périphérique en toute sécurité.
Le comportement routier est celui d’un kart. Pas de direction assistée (inutile vu le poids de 450 kg), pas d’ABS, mais une stabilité incroyable grâce aux batteries placées dans le plancher. On vire à plat, sans aucun roulis. En revanche, le tableau s’assombrit dès que la chaussée se dégrade. Les suspensions sont d’une fermeté absolue : chaque pavé parisien, chaque plaque d’égout résonne directement dans vos vertèbres. C’est le prix à payer pour cette tenue de route. Côté autonomie, en usage urbain réel, nous avons parcouru environ 60 km avant de devoir sortir le câble intégré à l’avant pour le brancher sur une prise 220V classique. Une recharge complète prend environ 3h30.
Budget : Un calcul à faire
En novembre 2014, notre Twizy 80 en finition Urban s’affiche aux alentours de 8 240 €. À cela, il faut impérativement ajouter la location de la batterie (à partir de 50 € par mois environ selon le kilométrage). C’est ici que le bât blesse : le coût total à l’usage peut vite égaler celui d’une petite citadine d’occasion.
Cependant, face à un scooter à trois roues type MP3, le Twizy offre une sécurité passive bien supérieure grâce à sa cellule de sécurité et son airbag frontal. Il se place entre deux mondes, celui du deux-roues et celui de la Smart ED, bien plus chère et volumineuse.



























