En 2015, Volvo lançait une véritable révolution avec la seconde génération de son XC90. C’était le premier modèle du renouveau suédois sous l’ère Geely, et nous avions été séduits par la version Diesel D5. Mais en cette année 2018, le vent tourne pour le gasoil. La fiscalité se durcit et les zones à faibles émissions pointent le bout de leur nez. Pour continuer à régner sur les beaux quartiers sans subir les foudres du malus écologique, Volvo dégaine son arme absolue : le T8 Twin Engine. Un SUV de luxe à sept places capable de développer 407 chevaux tout en affichant des consommations de citadine sur le papier. Pari audacieux ou simple artifice fiscal ? Nous avons repris le volant du navire amiral de Göteborg.
Présentation : Majestueux et intemporel
Trois ans après sa sortie, le design du XC90 n’a pas pris une ride. Il faut dire que le coup de crayon est magistral. Imposant (4,95 m de long), il parvient à masquer son gabarit par une élégance toute scandinave, loin de l’agressivité parfois ostentatoire de ses rivaux allemands.
On retrouve bien sûr les projecteurs à LED en forme de « Marteau de Thor », signature désormais indissociable de la marque. Notre version d’essai, en finition Inscription Luxe, peaufine ce look avec des touches de chrome subtiles sur la calandre et les bas de caisse. Seuls quelques détails trahissent la nature électrifiée de ce modèle : la trappe de recharge située sur l’aile avant gauche et le discret badge « T8 » sur le hayon. Posé sur ses jantes de 21 pouces, le XC90 dégage une force tranquille qui force le respect.
À bord : Le salon suédois au sommet de son art
En pénétrant dans l’habitacle, on retrouve immédiatement l’ambiance qui nous avait tant charmés sur le D5 en 2015. Volvo a réussi à créer un environnement unique, une sorte de salon de design contemporain où le luxe ne rime pas avec surcharge.
Le cuir Nappa à grain fin recouvre les sièges, tandis que le bois flotté et l’aluminium brossé s’invitent sur la planche de bord. La pièce maîtresse reste cette tablette verticale de 9 pouces Sensus, très fluide, qui centralise la quasi-totalité des fonctions.
Toutefois, le T8 s’offre un bijou exclusif : le levier de vitesses en cristal d’Orrefors. C’est artisanal, c’est magnifique et cela apporte une touche de raffinement supplémentaire lors des passages en mode Drive. L’espace à bord reste princier. Malgré la présence des batteries et de la technologie hybride, Volvo a réussi l’exploit de conserver les sept vraies places. Même au troisième rang, deux adultes peuvent s’installer dignement. Le volume de coffre, bien que légèrement amputé en configuration 7 places, reste généreux et modulable à souhait. Enfin, l’expérience est complétée par le système audio Bowers & Wilkins (en option mais indispensable), qui transforme l’habitacle en salle de concert de Göteborg.
Au volant : 407 chevaux dans un gant de velours
Sous le capot, le T8 propose une architecture complexe : un 4-cylindres 2.0 litres combinant compresseur et turbo (320 ch) pour les roues avant, et un moteur électrique (87 ch) pour l’essieu arrière. Le résultat ? Une puissance cumulée de 407 chevaux et un couple camionesque de 640 Nm.
Le réveil se fait systématiquement dans un silence religieux. En mode Pure (100 % électrique), le XC90 évolue avec une douceur incroyable. Volvo annonce 43 km d’autonomie électrique, dans la réalité d’un usage quotidien, tablez plutôt sur 30 à 35 km. C’est suffisant pour les trajets domicile-travail si vous pouvez recharger au bureau.
Dès que l’on sollicite la pédale de droite, le moteur thermique se réveille. La transition est quasi imperceptible. Les performances sont là : le 0 à 100 km/h est abattu en 5,6 secondes, un score digne d’une GT pour un engin de 2,3 tonnes. Mais attention, le XC90 n’est pas un sportif. Son truc, c’est le confort souverain. La suspension pneumatique gomme les aspérités de la route, et la boîte Geartronic 8 privilégie la fluidité.
Côté consommation, le bilan dépend de votre rigueur. Si vous jouez le jeu de la recharge quotidienne, vous resterez sous les 3 l/100 km en ville. En revanche, sur autoroute une fois la batterie vide, le petit 2.0 litres doit emmener la masse imposante du SUV. La consommation grimpe alors rapidement entre 10 et 11 l/100 km. C’est le prix à payer pour voyager dans un tel palace.
Budget : L’échappatoire fiscale de luxe
Affiché à 92 060 € dans cette version Inscription Luxe 7 places, le XC90 T8 n’est pas à la portée de toutes les bourses. C’est un tarif de haute voltige qui le place face aux Range Rover Sport et Audi Q7 e-tron.
Cependant, en 2018, le calcul économique ne s’arrête pas au prix catalogue. Grâce à son homologation hybride rechargeable, ce XC90 échappe totalement au malus écologique de 10 500 € qui frappe les versions thermiques équivalentes. Pour les sociétés, l’exonération de TVS et la récupération de la TVA sur l’essence en font un choix fiscalement imbattable. C’est sans doute là le plus grand tour de force de Volvo : rendre le grand luxe « politiquement correct » et financièrement rationnel.











