Alors que le marché automobile entame sa transition énergétique avec plus ou moins de fracas, il est un constructeur qui semble observer l’agitation d’un œil paisible : Toyota. Pionnier de l’hybride, la marque japonaise peaufine sa recette depuis plus de vingt ans. Aujourd’hui, nous prenons le volant de celle qui fait la fierté de l’usine d’Onnaing, près de Valenciennes : la Yaris 3, dans sa version restylée (Phase 3) et sa finition chic Collection. Avec plus de 900 nouvelles pièces annoncées pour ce second restylage, la « citadine préférée des Français » a-t-elle encore les arguments pour dominer un segment B de plus en plus disputé ?
Présentation : Un regard plus horizontal et affirmé
Visuellement, cette Yaris cru 2018 ne fait pas dans la demi-mesure pour un simple restylage. On sent que Toyota a voulu lui donner une assise plus « large » et plus moderne. La proue abandonne les lignes en « X » un peu tourmentées de la phase précédente pour adopter un style « Catamaran ». Les nouveaux optiques s’étirent vers la calandre, tandis que les feux de jour à LED apportent une signature lumineuse plus technologique.
Mais c’est à l’arrière que le changement est le plus spectaculaire. Finis les petits feux verticaux un peu datés, la Yaris adopte désormais des blocs optiques horizontaux qui mordent largement sur le hayon. C’est malin, cela élargit visuellement la voiture et lui donne une stature de catégorie supérieure.
Notre version Collection ajoute la touche de « Pep’s » indispensable pour séduire en ville : une carrosserie bi-ton avec un toit noir contrasté (ici marié au magnifique Bleu Nébula), des jantes de 16 pouces spécifiques et des baguettes latérales assorties. Chic, urbaine et résolument moderne, elle ne passe pas inaperçue dans le flot de circulation parisien.
À bord : Le sens du détail et de la sécurité
En grimpant à bord, on retrouve un environnement familier, mais agrémenté de quelques touches de fraîcheur. La planche de bord intègre désormais des aérateurs latéraux en forme de « propulseurs » et un combiné d’instrumentation revu qui accueille en son centre un bel écran TFT couleur de 4,2 pouces. Ce dernier est crucial pour suivre les flux d’énergie de la motorisation hybride sans avoir à quitter la route des yeux.
La finition Collection soigne ses passagers avec des rappels de couleur sur la planche de bord et les selleries. Si certains plastiques durs subsistent en partie basse, l’assemblage est sérieux et respire la solidité.
Cependant, le véritable tour de force de Toyota pour ce millésime 2018, c’est la sécurité. Le pack Toyota Safety Sense est désormais de série sur toutes les versions. Alerte de franchissement de ligne, passage automatique des feux de route, lecture des panneaux de signalisation et surtout système de sécurité pré-collision : la Yaris met une claque à ses concurrentes (Clio et 208 en tête) qui facturent souvent ces équipements au prix fort sur leurs finitions hautes.
L’habitabilité reste excellente pour le gabarit (3,95 m). À l’arrière, deux adultes voyageront confortablement grâce à un plancher plat, même si le coffre (286 litres) ne bat pas de records. Heureusement, l’implantation des batteries sous la banquette arrière permet de ne pas sacrifier de volume par rapport aux versions thermiques.
Au volant : La reine incontestée de la cité
Le système hybride reste fidèle au poste : un moteur essence 1.5 cycle Atkinson de 75 ch épaulé par un moteur électrique, pour une puissance combinée de 100 chevaux. Pas de quoi en faire une sportive, mais là n’est pas la question.
Le démarrage se fait dans un silence absolu, en mode EV. C’est là, dans les bouchons et les ruelles étroites, que la Yaris Hybrid justifie chaque euro investi. La douceur est totale. Pas de boîte de vitesses à manipuler, pas d’embrayage qui fait souffrir le mollet gauche, juste une glisse urbaine apaisante. Toyota a retravaillé les supports moteurs et les suspensions pour limiter les vibrations et les bruits de roulement. Le résultat est probant : la Yaris est plus silencieuse et mieux amortie que sa devancière.
Sur route et autoroute, le tableau est un peu plus nuancé. La transmission à variation continue (e-CVT) provoque toujours ce fameux effet de « moulinage » lors des fortes accélérations. Si vous écrasez la pédale de droite pour doubler, le moteur thermique grimpe haut dans les tours et se fait entendre dans l’habitacle. Mais en adoptant une conduite coulée, « zen », on apprend vite à moduler sa pression pour rester dans la zone « Eco » du potentiomètre.
Côté consommation, la promesse est tenue. Sur un parcours mixte, nous avons stabilisé notre moyenne à 4,4 l/100 km sans effort particulier. En ville pure, il n’est pas rare de descendre sous les 4 l/100 km. C’est imbattable pour une citadine essence automatique.
Budget : Un investissement stratégique
La gamme Yaris démarre à 14 950 € avec le petit moteur essence 1.0l. Mais pour goûter à la technologie qui fait son succès, il faut débourser un peu plus. Notre modèle d’essai en finition Collection s’affiche à 22 450 €.
C’est un prix premium pour une citadine, mais l’analyse doit être globale avec une liste d’équipements complet (Navigation, caméra de recul, clim auto bi-zone, Safety Sense…) et une fiscalité allégée, pas de malus écologique (84 g/km de CO2), une carte grise gratuite ou à moitié prix dans la plupart des régions françaises. De plus, la Yaris Hybrid est une star du marché de l’occasion. Sa décote est l’une des plus faibles de sa catégorie.
Face à une Renault Clio 4 ou une Peugeot 208 qui ne proposent pas encore d’alternative hybride, la Yaris reste seule au monde sur ce créneau « vert ».











