Le mois de février 2026 confirme les difficultés persistantes du secteur automobile français. Avec 120 764 immatriculations de voitures particulières, le marché enregistre un repli de 14,7 % par rapport à l’année précédente. Sur les deux premiers mois cumulés, la baisse s’établit à 11,1 %, plaçant toujours le secteur à plus de 30 % sous son niveau de 2019. Ce ralentissement global cache cependant des mouvements de fond importants sous les capots, entre transition forcée et résistance du thermique.
Stellantis et Renault au coude à coude dans la tourmente
Dans ce contexte de baisse généralisée, les grands groupes tentent de stabiliser leurs positions. Stellantis conserve sa couronne de leader avec une part de marché de 31,2 %. Si le groupe subit une érosion globale de ses volumes, il peut compter sur la santé de Fiat (+60,6 %) et d’Opel (+51,1 %) sur le mois. De son côté, le Groupe Renault maintient une solide deuxième place avec 24 % de pénétration. Bien que ses volumes chutent en février, la marque au losange reste un pilier du marché français en captant à elle seule près de 17 % des ventes totales. Toyota complète le podium avec 6,8 % du marché, malgré une baisse de régime notable par rapport à 2025.
L’illusion de l’électrique et le paradoxe du Diesel
La structure des ventes par énergie révèle une réalité complexe. Si l’électrique affiche une part de marché de 27 % en février (en léger tassement par rapport au record de janvier), cette performance doit être nuancée. Pour le porte-parole de la PFA, « cette tenue de l’électrique est avant tout un effet d’optique lié à la fois au dispositif du leasing social et à l’obligation pour les professionnels d’électrifier leurs flottes ». Selon l’organisme, on est loin d’une vraie dynamique et cet effet pourrait s’estomper dans les prochains mois ».
Parallèlement, le Diesel semble vivre une trajectoire paradoxale. S’il est désormais relégué au rang de motorisation de niche avec seulement 2,5 % de part de marché, on observe un retour stratégique des blocs BlueHDi chez Stellantis. Ce choix permet de répondre aux besoins concrets des gros rouleurs et des professionnels pour qui l’électrique reste contraignant. Quant à l’hybride, il s’impose désormais comme la solution par défaut. Représentant plus d’une vente sur deux, l’hybridation est devenue l’outil principal des constructeurs pour abaisser mécaniquement leurs moyennes de CO2 au sein de catalogues volontairement simplifiés. Ce verdissement permet aux émissions moyennes de s’établir à 80,8 g/km en février, un chiffre flatteur qui masque pourtant un marché en manque de repères.
Le Top 10 des ventes (Cumul Janvier-Février 2026)
Voici les modèles qui dominent le classement depuis le début de l’année :
-
Peugeot 208 II : 11 265 unités (4,9 % de PDM)
-
Renault Clio V : 8 281 unités (3,6 %)
-
Peugeot 2008 II : 8 172 unités (3,6 %)
-
Citroën C3 IV : 7 119 unités (3,1 %)
-
Dacia Sandero 3 : 6 595 unités (2,9 %)
-
Renault 5 : 6 591 unités (2,9 %)
-
Toyota Yaris : 5 921 unités (2,6 %)
-
Tesla Model 3 : 5 440 unités (2,4 %)
-
Renault Captur II : 4 722 unités (2,1 %)
-
Peugeot 308 III : 4 558 unités (2,0 %)
Source des données : PFA / AAA DATA







