Alors que le marché mondial de l’automobile navigue entre transition énergétique et tensions logistiques, Suzuki Motor Corporation affiche une santé de fer. Le constructeur japonais vient de publier ses résultats pour l’année civile 2025, marquant une cinquième année consécutive de croissance pour ses ventes mondiales et sa production.
Le cap des 3,2 millions de véhicules franchi
Avec 3 295 013 véhicules vendus (+1,4 %) et une production globale s’élevant à 3 423 403 unités (+3,8 %), Suzuki démontre la résilience de son modèle économique axé sur l’efficience et la compacité.
Voici les chiffres clés à retenir pour l’année 2025 :
| Indicateur (Jan. – Déc. 2025) | Volume (unités) | Évolution sur un an |
| Ventes Globales |
3 295 013 |
+1,4 % |
| Production Globale |
3 423 403 |
+3,8 % |
| Ventes au Japon |
728 952 |
+1,0 % |
| Ventes Hors Japon |
2 566 061 |
+1,5 % |
L’Inde : Le véritable poumon de Suzuki
Si Suzuki est une marque japonaise, son centre de gravité opérationnel est désormais solidement ancré en Inde. Le pays représente à lui seul plus de 56 % des ventes mondiales de la marque avec un record historique de 1 844 169 unités livrées (+3,0 %).
Côté production, l’usine indienne a également battu son record avec 2,25 millions de véhicules sortis de chaîne (+9,3 %). Cette domination souligne la pertinence stratégique de la filiale Maruti Suzuki dans un marché en pleine explosion.
Japon : Le paradoxe des mini-voitures
Sur son marché domestique, Suzuki vit une transition intéressante. Pour la première fois depuis trois ans, les ventes de mini-voitures (de moins de 660 cm³) ont reculé de 3,6 %.
Cependant, ce repli est largement compensé par l’explosion des véhicules standards et compacts, dont les ventes ont bondi de 21,6 % pour atteindre un niveau record. Ce basculement suggère une montée en gamme des consommateurs japonais ou un succès grandissant pour des modèles comme le nouveau Swift ou le Jimny 5 portes.
Pourquoi les exportations chutent-elles de 17,7 % ?
Un chiffre peut surprendre : la baisse de 17,7 % des exportations depuis le Japon (195 618 unités). Loin d’être un signe de faiblesse, cela reflète une stratégie de production locale accrue. Suzuki privilégie désormais l’assemblage en « CKD » (collections de pièces à assembler sur place) plutôt que l’envoi de véhicules finis, notamment pour alimenter ses records de production en Indonésie et dans d’autres régions émergentes.
Suzuki confirme qu’il n’est plus seulement le « spécialiste du petit Japon », mais un géant global de la mobilité accessible. En s’appuyant sur des bastions comme l’Inde et l’Afrique (où les ventes ont également battu des records), la marque sécurise sa croissance tout en adaptant son outil industriel vers plus de production locale.







